Site Officiel de la commune d'Artemare - artemare.fr

MAURICE ROUAST Missionnaire de l'AIN AU XX° SIECLE - Les Pères Blancs en Afrique

MAURICE ROUAST Missionnaire de l'AIN AU XX° SIECLE - Les Pères Blancs en Afrique MAURICE ROUAST (1912-1998) Le père Maurice Rouast est né le 26 avril 1912 à Artemare. Il était le troisième d’une famille de neuf enfants. Le père était inspecteur des eaux et forêts. Lui-même et son épouse étaient des chrétiens solides qui donnèrent une excellente éducation humaine et religieuse à leurs enfants. Le milieu était relativement aisé, mais les charges familiales étaient lourdes, dans un temps où les allocations familiales étaient inconnues. Maurice fit ses études secondaires d’abord à l’école Saint François de Sales à Dijon, puis à l’école de La Colombière à Châlon-sur-Saône. C’est là que sa vocation mûrit. Il désirait réussir ses examens, car il ne voulait pas qu’on puisse dire qu’il s’était tourné vers la vie religieuse et missionnaire par incapacité de faire carrière dans le monde. Il demanda son admission chez les Pères Blancs, à Kerlois, où il entra en septembre 1930. La famille avait bien accueilli sa vocation. Plus tard, un de ses frères, Jacques, entra aussi chez les pères blancs et prit le nom de frère Dominique. La formation jusqu’à l’ordination sacerdotale en 1938. Après Kerkois, Maurice se rendit à la maison-carrée pour un an de noviciat, de septembre 1932 à septembre 1933. L’appréciation du père maître souligna les qualités du novice, tant pour la formation spirituelle que pour son ardeur au travail. Il fallait plutôt le freiner pour lui éviter d’être trop tendu. Après le noviciat et la coupure du service militaire, Maurice Rouast rejoignit le scolasticat à Thibar en septembre 1934. Il y reçut les ordres mineurs et passa au scolasticat de Carthage en 1936. Il fit son serment à Carthage le 27 juin 1937, et fut ordonné sous-diacre le lendemain, diacre le 7 octobre et prêtre le 11 juin 1938, à la fin de la dernière année de théologie. Il avait eu en 1937 un sérieux accroc de santé, même tenu pour mourant à la suite d’une congestion pulmonaire précédée d’une appendicite. Mais il s’était remis. Il avait montré une grande application dans les études de théologie et était parvenu à un résultat honorable. Dans les relations, il gardait un certain fond de raideur mais s’efforçait d’être cordial et fraternel. Manquant de confiance en lui, il manifestait une timidité, déjà relevée par le supérieur du collège, ce qui le faisait paraître parfois un peu froid et distant. Les premières années de mission au Burkina. La Guerre. Il reçoit sa nomination pour le diocèse de Bobo, encore vicariat apostolique à l’époque. Il est affecté au pays dagari, poste de Dano. Il est mobilisé en septembre 39, mais démobilisé dès novembre il retourne à Dano. Il part en fondation à Legmoin en 1942. Il est remobilisé en 1943, libéré en 1945. Il est nommé alors à Nyangoloko pour l’école des catéchistes qu’il prend en main en 1946. L’oeuvre des frères : En 1947, il est envoyé à Nasso pour y commencer une congrégation de frères. Il s’y donnera à fond pendant plusieurs années, avec des hauts et des bas. Exigeant pour lui-même, il se montrait aussi très strict avec les frères. L’oeuvre naissante n’était pas très bien comprise par certains confrères, ce qui limitait le nombre de vocations. La proximité du petit séminaire de Nasso gênait aussi cette oeuvre que le père avait demandé de transférer ailleurs. Cela exigeait du temps et des travaux, d’où chez lui une certaine impatience. C’est à son retour en avril 1952, après un congé d’une année en France, que l’oeuvre des frères est transférée à Orodara, ce qui répondait à son désir. Au bout d’un certain temps, et en accord avec l’évêque, l’oeuvre est confiée aux frères de St Vincent de Paul. Un ministère varié. Le diocèse de Diébougou : A Nasso, le père était aussi aumônier des soeurs africaines, et contribuait à la formation des jeunes soeurs. Il s’est aussi occupé d’un groupe d’enfants délinquants. Il a particulièrement bien réussi dans ce milieu difficile. A partir de 1959, il changera assez souvent de poste, tantôt comme supérieur, tantôt comme vicaire : Legmoin en 59, Dano en 63, Mariatang en 64, Niego en 65, Dano en 68. Un nouveau diocèse avait été créé, le diocèse de Diébougou. Maurice restera profondément attaché à ce diocèse et aux missions où il avait travaillé, en particulier à Legmoin, où il se retrouve supérieur en 76, puis vicaire. Enfin, une dernière nomination à Batié. Très zélé, notre confrère ne ménageait pas sa peine. Il était porté à s’occuper spécialement des jeunes. Le retour définitif en France en 1983. Au cours des dernières années en mission, sa santé se dégrada : mauvaise circulation, calculs, hernies, prostate ; ce qui expliquait aussi en partie certaines réactions disproportionnées. Il connaissait des moments de grande fatigue, voire d’étourdissements. Il voulait tenir jusqu’au bout, mais il était temps d’envisager son retour définitif en métropole qui eut lieu en 1983. Il avait alors 71 ans. Une retraite active et contemplative à Tassy. A son arrivée en province, il accepte facilement sa nomination pour Tassy. Son séjour devait durer quinze ans ! Malgré son état et sa santé, il peut pendant quelque temps assurer du ministère à l’extérieur. Peu à peu, son champ d’action se réduisit, mais il restait serein. Il perdit un oeil, on lui sauva l’autre de justesse. Il gardait des contacts avec sa famille, surtout deux de ses soeurs résidant à proximité. Son frère Jacques (frère Dominique) s’arrangeait pour le rejoindre. Dans les derniers mois, on décela une leucémie qui nécessitait des transfusions de sang de plus en plus importantes. Il les déplorait, car il se voyait en fin de vie et il pensait que le sang qu’on lui transfusait aurait été mieux employé pour sauver des accidents de la route. Confiné dans sa chambre, il cherchait à bien remplir son temps. Il avait fait de l’évangile de St Jean son étude préférée. Homme de prière, il présida tant qu’il le put la messe de 11h15. Les assistants étaient frappés par sa manière de célébrer et par la profondeur de ses homélies. Derniers moments. Les leçons d’une vie consacrée à la mission : Il était très reconnaissant des soins qu’on lui prodiguait, et il appréciait le dévouement du personnel soignant. Il ne se plaignait pas et fut conscient presque jusqu’au bout. Son frère Jacques, près de lui dans les derniers moments, lui a tenu fraternellement la main jusqu’au dernier soupir. Deux jours avant sa mort, le père ne pouvait réprimer ses larmes en parlant de Diébougou. Son coeur était resté au pays dagari. Il disait qu’il devait tout à Diébougou. Il a payé de sa personne, mais aussi de ses biens pour soutenir de multiples oeuves là-bas. Dans sa longue vie missionnaire, il a formé des catéchistes, des frères, des soeurs, sans parler de simples chrétiens. Il a aidé ainsi puissamment à la construction de l’église dans cette région d’Afrique. Maurice est parti dans la paix le 16 février 1998. Ses obsèques ont été célébrées le 18 avec son frère Jacques, père blanc et un prêtre du pays dagari représentant le diocèse de Diébougou. Maurice Rouast aimait ce verset de Saint Jean : « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés le premier ». Tout au long de sa vie, il a vécu et annoncé l’amour de Dieu en Jésus-Christ, convaincu que la souffrance et la mort, si présentes dans nos vies humaines, n’ont pas le dernier mot.